Les fractions, le cours complet en accès libre

Ce cours de mathématiques est un cours complet de l'appli moncrpe.com, publié ici en accès libre. Comme tous les cours de l'appli, il s'appuie sur les guides Eduscol et sur les rapports de jury du CRPE.

Par Membre du jury et correcteur du CRPE

Quatrième des sept cours de la série « Nombres et numération », ce cours part du sens d'une fraction, passe par les fractions égales et la comparaison, puis traite les quatre opérations avant de finir sur les erreurs que les rapports de jury reprochent le plus souvent aux candidats.

La lecture prend environ 17 minutes. Les guides cités sont en ligne sur le site Eduscol, les sujets et les rapports de jury sur devenirenseignant.gouv.fr. Les flashcards, le quiz et les points d'étape de ce cours restent dans l'appli, avec le plan de révision qui les repropose au bon moment.

Au concours : Impossible d'y échapper : les probabilités doivent être données sous forme de fraction irréductible, les proportions se calculent en fractions, les recettes et partages aussi. Le rapport de jury 2025 note des erreurs de calcul fractionnaire dans un grand nombre de copies, en particulier l'addition. Bonne nouvelle : quatre règles suffisent pour tout faire, et chacune s'explique simplement.

Ce qu'est vraiment une fraction

La fraction 34 se lit « trois quarts ». Elle raconte une histoire en deux temps : on partage une unité en 4 parts égales, puis on en prend 3. Les deux nombres écrits de part et d'autre de la barre ne jouent donc pas du tout le même rôle, et c'est la première chose à savoir nommer.

3 4 le numérateur combien de parts on prend : 3 parts le dénominateur en combien de parts on a coupé : 4 parts la barre de fraction se lit « divisé par »
Définition : le numérateur
Le nombre écrit au-dessus de la barre. Il compte les parts que l'on prend. Son nom vient du latin numerus, le nombre : il énumère les parts. Il peut valoir 0 (on ne prend rien) et il peut dépasser le dénominateur (on prend plus d'une unité).
Définition : le dénominateur
Le nombre écrit en dessous de la barre. Il indique en combien de parts égales l'unité a été partagée, donc la taille de chaque part. Son nom vient de nomen, le nom : il dénomme les parts (des quarts, des tiers, des dixièmes).

Un dénominateur n'est jamais nul. Partager une tablette en 0 part n'a aucun sens, et la barre de fraction voulant dire « divisé par », on retrouve l'interdiction de diviser par 0. En revanche un dénominateur de 1 est parfaitement légitime : 51 = 5, c'est l'unité prise 5 fois sans découpage.

Voici ce que dit le dessin quand on applique cette définition à 34 :

1 4 1 4 1 4 1 4 L'unité est partagée en 4 parts égales, on en prend 3 : la partie colorée représente trois quarts.

Mais au concours, la fraction a trois aspects, et il faut savoir passer de l'un à l'autre :

Un partage
34 d'une plaquette de beurre : on coupe en 4, on prend 3 morceaux.
Un quotient
34 = 3 ÷ 4 = 0,75. La fraction est la valeur exacte de la division.
Un opérateur
34 de 20 = (3 × 20) ÷ 4 = 15. « Prendre les trois quarts de ».

Fractions égales : simplifier et multiplier

Une même quantité peut s'écrire avec une infinité de fractions. Un demi, deux quarts, cinquante centièmes : trois écritures, une seule quantité. La règle qui gouverne tout cela tient en une phrase : si on multiplie (ou divise) le numérateur et le dénominateur par un même nombre non nul, la fraction ne change pas de valeur.

ab = a × kb × k (amplifier)      ab = a ÷ kb ÷ k (simplifier, si k divise a et b)
Que désignent a, b et k ?

a est le numérateur de départ, b son dénominateur (non nul). k est le nombre par lequel on choisit de multiplier ou de diviser les deux à la fois : c'est le facteur de découpage. On le choisit soi-même, à condition qu'il ne soit pas nul.

Concrètement, avec 34 et k = 2 : on coupe chaque quart en 2, donc chaque part est deux fois plus petite (le dénominateur double, 4 devient 8) et il y a deux fois plus de parts colorées (le numérateur double, 3 devient 6). On obtient 68. Rien n'a été ajouté ni retiré.
3 4 6 8 même longueur coloriée en haut et en bas Chaque quart est coupé en deux (k = 2) : 4 parts deviennent 8, 3 parts coloriées deviennent 6. La quantité n'a pas changé, seule la finesse du découpage a changé.
À quoi ça sert

Amplifier (multiplier par k) permet de donner à deux fractions le même dénominateur, ce qui est la condition pour les comparer ou les additionner : c'est l'outil des sections suivantes. Simplifier (diviser par k) permet de rendre le résultat final lisible : entre 84360 et 730, la seconde se représente mentalement, la première non, et pourtant la valeur exacte est la même.

Une fraction est dite irréductible quand on ne peut plus la simplifier : numérateur et dénominateur n'ont plus aucun diviseur commun autre que 1. Pour y arriver sans chercher tout de suite le plus grand diviseur, simplifie par étapes avec les diviseurs évidents (2 si les deux sont pairs, 3 si la somme de leurs chiffres est un multiple de 3, 5 s'ils finissent par 0 ou 5) et recommence tant que c'est possible :

3648 = 1824 (÷ 2) = 912 (÷ 2) = 34 (÷ 3)
3 et 4 n'ont aucun diviseur commun autre que 1 : la fraction est irréductible.
Sujet bac+5, 2026 (pouvant être utilisé pour le bac+3) Fraction irréductible

« Une tombola propose 500 tickets, dont 2 lots d'une valeur de 50 euros. On tire un ticket au hasard. Déterminer la probabilité de gagner un lot de 50 euros. Toutes les probabilités seront données sous forme de fraction irréductible. »

Résolution pas à pas :

Il y a 2 tickets gagnants sur 500 : la probabilité vaut 2500.

On simplifie par 2 : 2500 = 1250. Comme l'énoncé exige une fraction irréductible, répondre 2500 ferait perdre des points, même si la valeur est juste.

Comparer des fractions

Comparer deux fractions, c'est répondre à la question : laquelle représente la plus grande quantité ? Deux nombres sont en jeu dans chaque écriture, et ils tirent en sens contraire : plus le numérateur est grand, plus on prend de parts, donc plus c'est grand ; mais plus le dénominateur est grand, plus les parts sont petites, donc plus c'est petit. D'où la nécessité de "neutraliser" l'un des deux avant de conclure sur la comparaison.

Trois situations, trois réflexes du plus simple au plus général
1
Même dénominateur
Les parts ont la même taille, il suffit donc de compter combien on en prend. La plus grande est celle qui a le plus grand numérateur.
59 < 79 (cinq neuvièmes contre sept neuvièmes, mêmes parts)
2
Même numérateur
On prend le même nombre de parts de chaque côté, tout se joue donc sur leur taille. La plus grande est celle qui a le plus petit dénominateur, car couper en moins de parts donne des parts plus grosses.
34 > 38 (3 quarts contre 3 huitièmes : mêmes parts comptées, parts plus grosses à gauche)
3
Cas général
Aucun des deux n'est commun, on se ramène donc au cas 1 en amplifiant. On met les deux fractions au même dénominateur, puis on compare les numérateurs.
Comparer 56 et 79 : un multiple commun de 6 et 9 est 18. 56 = 1518 et 79 = 1418, donc 56 > 79.

Une fois les deux fractions écrites en dix-huitièmes, elles deviennent deux points sur une même graduation, et la comparaison se lit à l'œil :

0 1 l'intervalle de 0 à 1 est partagé en 18 parts égales 5 6 = 15 18 7 9 = 14 18
Comment choisir le dénominateur commun

Le produit des deux dénominateurs marche toujours : pour 6 et 9, 6 × 9 = 54 fonctionne. Mais on préfère le plus petit multiple commun, qui donne des nombres plus maniables : les multiples de 9 sont 9, 18, 27... et 18 est le premier qui soit aussi dans la table de 6. On garde donc 18. Réflexe rapide : écris la table du plus grand des deux dénominateurs et arrête-toi au premier nombre divisible par l'autre.

Regard didactique

L'erreur d'élève la plus fréquente : croire que 18 > 14 « parce que 8 > 4 ». Elle vient d'un raisonnement sur les entiers plaqué sur les fractions. Le remède à l'école : revenir au sens du partage, en faisant manipuler deux disques identiques coupés l'un en 4, l'autre en 8. Un candidat capable d'expliquer cette erreur et sa remédiation marque des points sur les questions didactiques à l'oral.

1 4 > 1 8 Deux disques identiques : couper en 8 donne des parts deux fois plus petites qu'en coupant en 4.

Additionner et soustraire : seulement sous le même dénominateur

Additionner, c'est compter ensemble. Encore faut-il savoir en quoi on compte : trois mètres et quatre mètres font sept mètres, mais trois mètres et quatre secondes ne font rien du tout. Une fraction, c'est exactement ça : un nombre de parts (le numérateur) exprimé dans une unité (le dénominateur). Deux fractions ne s'additionnent donc que si elles partagent la même unité, d'où la règle en deux temps : mettre au même dénominateur, puis additionner les numérateurs. Le dénominateur, lui, ne bouge plus : la taille des parts n'a aucune raison de changer quand on les met ensemble.

Le dessin le rend évident sur 12 + 13. Tant que les deux barres sont découpées différemment, on ne peut rien empiler ; une fois toutes deux converties en sixièmes, l'addition devient un simple comptage :

1 2 1 3 on redécoupe tout en sixièmes : un demi vaut 3 sixièmes, un tiers vaut 2 sixièmes 1 2 3 4 5 5 6 3 sixièmes bleus et 2 sixièmes orange : 5 sixièmes en tout, sur une barre toujours coupée en 6.
34 + 56 = 912 + 1012 = 1912
12 est un multiple commun de 4 et 6 : on a amplifié 34 par 3, et 56 par 2. Le résultat 1912 est irréductible.
Et la soustraction ? Exactement la même méthode, avec un signe moins : on met au même dénominateur, puis on soustrait les numérateurs. Un cas revient sans cesse au concours, celui où un entier apparaît : pour calculer 1 - 19, on écrit d'abord 1 sous forme de fraction de dénominateur 9, soit 99, puis 99 - 19 = 89. Tout entier n s'écrit n × bb pour le dénominateur b qui t'arrange.
L'erreur fréquente :

✗ 12 + 13 = 25 (additionner haut et bas séparément)

✓ 12 + 13 = 36 + 26 = 56

Contrôle de cohérence : 12 + 13, c'est plus qu'une moitié. Or 25 est plus petit qu'une moitié : le résultat était forcément faux. Additionner les dénominateurs reviendrait d'ailleurs à changer la taille des parts en cours de route, ce qui n'a aucun sens.

Multiplier des fractions

C'est la règle la plus simple à appliquer : on multiplie les numérateurs entre eux et les dénominateurs entre eux. Et surtout, retiens que le mot « de » se traduit par une multiplication : « le quart de la récolte » = 14 × la récolte.

ab × cd = a × cb × d     exemple :  89 × 14 = 836 = 29
Pourquoi cette règle marche

Multiplier, c'est prendre « une fraction d'une fraction ». Prends la moitié d'un tiers : tu coupes une tablette en 3, tu gardes un morceau, puis tu coupes ce morceau en 2. Le résultat, si tu appliquais la même double coupe à toute la tablette, ce serait 6 morceaux : tu tiens donc un sixième. On retrouve bien 12 × 13 = 16. Les dénominateurs se multiplient parce que les découpages se cumulent ; les numérateurs se multiplient parce qu'on compte les parts prises dans chaque direction.

Le modèle qui rend cela visible est le rectangle : une fraction se lit en largeur, l'autre en hauteur, et le produit est la zone doublement colorée. Voici 14 × 89 :

huit neuvièmes de la largeur un quart de la hauteur Le rectangle entier vaut 1. Il est coupé en 9 colonnes et 4 lignes, soit 36 cases. 8 cases sur 36 sont dans les deux zones à la fois : un quart de huit neuvièmes vaut deux neuvièmes.
Le réflexe qui fait gagner du temps : simplifie avant de multiplier, pas après. Pour 89 × 14, repère que 8 et 4 se simplifient par 4 : il reste 29 × 11 = 29. Tu évites ainsi de simplifier la fraction 836 ou de devoir simplifier un grand nombre à la fin. 

Diviser : multiplier par l'inverse

Diviser par un nombre, c'est chercher combien de fois ce nombre tient dans un autre. Cette question, posée avec une fraction, donne un résultat qui surprend au premier abord : diviser par un nombre plus petit que 1 augmente le résultat.
Rien d'étrange pourtant : plus les portions sont petites, plus on peut en faire.

Combien de demis tiennent dans 3 unités ? 1 2 1 unité 3 4 1 unité 5 6 1 unité Diviser 3 par un demi donne 6 : cela revient à multiplier par 2. Et 2, c'est justement l'inverse d'un demi, la fraction retournée.

Ce que montre le dessin se généralise ! L'inverse de cd est dc : on retourne la fraction.
Diviser par une fraction, c'est multiplier par son inverse.

a ÷ cd = a × dc     exemple :  3 ÷ 29 = 3 × 92 = 272 = 13,5
Lire l'exemple avec des mots

3 ÷ 29 demande combien de portions de deux neuvièmes on peut faire dans 3 unités.
Compte en deux temps : dans 3 unités il y a 3 × 9 = 27 neuvièmes ; en les groupant par 2, on obtient 27 ÷ 2 = 13,5 portions.
Or 3 × 9 puis ÷ 2, c'est exactement 3 × 92.
La règle « multiplier par l'inverse » n'est donc pas une astuce à mémoriser : c'est ce comptage écrit en une ligne. Et un demi-groupe, cela veut simplement dire qu'il reste de quoi faire une portion à moitié.

Ne pas confondre inverse et opposé :

✗ l'inverse de 29 est -29 (c'est l'opposé : celui qui donne 0 par addition)
✓ l'inverse de 29 est 92, car 29 × 92 = 1818 = 1

Test infaillible : deux nombres sont inverses l'un de l'autre si leur produit vaut 1. Conséquence à connaître : 0 n'a pas d'inverse, puisque aucun nombre multiplié par 0 ne donne 1.
Sujet bac+5, 2026 (pouvant être utilisé pour le bac+3) Problème complet résolu

« Un neuvième de la masse des fraises récoltées ne pourra pas être consommé. Parmi les fraises restantes, un quart de la masse servira à la confection de confiture.
a. Calculer la proportion de fraises consacrée à la confiture (fraction irréductible).
b. Sachant que 3 kilogrammes de fraises sont consacrés à la confiture, calculer la masse de la récolte initiale. »

Résolution pas à pas :

a. Si un neuvième est perdu, il reste 1 - 19 = 99 - 19 = 89 de la récolte.

La confiture utilise un quart de ce reste : le mot « de » se traduit par une multiplication.

14 × 89 = 836 = 29 (simplification par 4)

b. Les 3 kg représentent donc 29 de la récolte totale M : on a 29 × M = 3, donc M = 3 ÷ 29 = 3 × 92 = 272 = 13,5.

« La récolte initiale de fraises a une masse de 13,5 kg. » Contrôle : 13,5 × 2 ÷ 9 = 3 kg, c'est cohérent.

Les trois pièges au concours

Piège 1 = Additionner numérateurs et dénominateurs séparément La multiplication marche « haut avec haut, bas avec bas », mais jamais l'addition.
Avant d'additionner, pose toi une seule question : ont-elles le même dénominateur ?
Si non, commence par les y mettre.
Piège 2 = Rendre une fraction non simplifiée quand l'énoncé exige une fraction irréductible ✗ p = 2500
✓ p = 2500 = 1250
Prends l'habitude de vérifier la simplification à la fin de chaque calcul de probabilité, même quand l'énoncé ne le rappelle pas.
Piège 3 = Remplacer la valeur exacte par une valeur approchée ✗ 13 = 0,33
✓ 13 ≈ 0,33 ; la valeur exacte est la fraction 13
Si l'énoncé demande la valeur exacte, la réponse est la fraction. Le signe = entre 13 et 0,33 est sanctionné : c'est l'un des reproches les plus fréquents des rapports de jury.

La suite de ce cours dans l'appli

Dans l'appli, la lecture n'est que la première étape. Ce cours s'y prolonge avec quatre outils.

  • Les flashcards du cours, qui reviennent au moment où tu commences à les oublier.
  • Un quiz dans l'esprit du concours, corrigé question par question.
  • Les points d'étape, de courts exercices corrigés placés au fil du cours.
  • Un plan de révision recalculé chaque jour, qui te repropose ce cours quand il le faut et règle chaque séance sur le temps que tu as.

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Pour aller plus loin

Le format de la partie mathématiques de l'écrit, son seuil éliminatoire et les erreurs relevées par les jurys en 2026 sont détaillés sur la page de l'épreuve écrite de mathématiques. Les sujets officiels pour t'entraîner sont rassemblés sur la page des annales et sujets zéro, et le calcul des notes éliminatoires montre ce que coûte une partie mathématiques trop faible.

Pour retenir les règles de calcul sans relire le cours chaque semaine, l'article sur la répétition espacée explique comment espacer les révisions. Deux autres cours se lisent en entier sur le site, La phrase et La Révolution française et l'Empire.

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