3 185 postes non pourvus en 2024, plus de 2 600 en 2025 : la pénurie d'enseignants n'est pas qu'un ressenti de salle des maîtres, c'est un chiffre officiel. Voici ce qu'il révèle, et pourquoi la tendance s'inverse enfin.
Un poste d'enseignant "non pourvu", ça veut dire quoi concrètement ? Un concours où le nombre de postes ouverts dépasse le nombre de candidats jugés admissibles par le jury, laissant des places vacantes que l'Éducation nationale doit ensuite combler autrement, souvent par des contractuels recrutés en urgence à la rentrée.
Ce phénomène, longtemps minimisé, est aujourd'hui documenté par des chiffres précis. Voici ce qu'ils montrent, ce qui explique cette pénurie, et pourquoi la tendance semble enfin s'inverser.
En 2024, 3 185 postes sont restés vacants à l'issue des concours de recrutement d'enseignants. En 2025, ce chiffre s'est légèrement amélioré avec plus de 2 600 postes non pourvus, un niveau qui reste néanmoins élevé. Ces chiffres concernent l'ensemble des concours de recrutement d'enseignants, premier et second degré confondus, mais le premier degré (professeurs des écoles) a été particulièrement touché dans plusieurs académies, notamment en Île-de-France.
Le ministère de l'Éducation nationale publie régulièrement des analyses sur l'attractivité des concours de recrutement, consultables sur education.gouv.fr.
Plusieurs facteurs, souvent combinés, expliquent ce phénomène : un déficit d'attractivité du métier dans certaines académies (notamment les zones à coût de la vie élevé comme l'Île-de-France, où le salaire ne compense pas toujours le coût du logement), un nombre de candidats insuffisant sur certaines sessions, et un niveau d'exigence du jury qui ne baisse pas pour combler artificiellement les postes vacants.
Ce dernier point mérite d'être souligné : un poste non pourvu ne signifie pas que le concours "n'a pas trouvé assez de candidats capables", mais que le jury a préféré laisser un poste vacant plutôt que d'admettre un candidat jugé insuffisamment préparé. C'est une différence importante avec l'idée reçue d'un concours qui se "brade" faute de candidats.
Face à cette situation, le concours a été avancé à la fin de la licence (bac+3) plutôt qu'après le master (bac+5), avec l'objectif explicite de rendre le métier accessible plus tôt et d'élargir le vivier de candidats. Cette réforme a coexisté, la première année, avec l'ancien concours à bac+5, via une double session transitoire.
L'objectif affiché est double : attirer des candidats plus jeunes, avant qu'ils ne s'orientent définitivement vers un autre secteur pendant leurs études de master, et réduire le décalage entre le moment où un candidat se projette dans le métier et le moment où il peut effectivement passer le concours.
Pour la session 2026, le ministère a annoncé une réduction significative du nombre de postes non pourvus par rapport aux années précédentes, une première depuis plusieurs sessions consécutives de dégradation. Cette amélioration est attribuée en partie à la réforme du concours à bac+3 et à l'élargissement du vivier de candidats qui en découle.
Il reste toutefois trop tôt pour parler d'un retournement de tendance durable : une seule session d'amélioration après plusieurs années de dégradation ne garantit pas la poursuite de cette dynamique, surtout si l'attractivité du métier (salaire, conditions de travail) ne s'améliore pas en parallèle sur la durée.
Pour un candidat qui prépare le concours aujourd'hui, cette situation a un effet indirect mais réel : dans les académies les plus en tension, le nombre de postes ouverts reste élevé, ce qui améliore statistiquement les chances d'admission à niveau de préparation équivalent (voir notre article sur les postes ouverts au CRPE). Ça ne dispense en rien d'une préparation sérieuse : le jury maintient son niveau d'exigence, indépendamment du nombre de postes à pourvoir.
Cette tension sur le recrutement explique aussi pourquoi certaines académies communiquent activement pour attirer des candidats, un point à connaître si tu hésites encore sur ton académie de préparation.
Le contexte de recrutement ne dispense pas d'une préparation sérieuse. Sur moncrpe.com, cours, quiz et suivi de progression t'aident à maximiser tes chances face au jury.