Pénurie de professeurs des écoles : ce que disent les chiffres officiels
172 postes non pourvus aux concours externes du CRPE en 2026 contre 650 un an plus tôt, selon le bilan ministériel du 9 juillet 2026. La tension recule vite. Mais la rentrée 2026 s'est faite avec 161 000 élèves de moins : la démographie pèse désormais sur le nombre de postes des prochaines sessions.
Sommaire de l'article
Chaque rentrée ramène les mêmes titres sur le manque d'enseignants, et chaque rentrée ramène des chiffres différents selon la source citée. La confusion vient d'un point précis : plusieurs indicateurs coexistent, ils ne portent pas sur le même périmètre, et personne ne prend la peine de le dire.
Cette page fait le tri. Elle rassemble les postes non pourvus publiés par le ministère, les taux de couverture calculés par la DEPP, le détail académie par académie de la session 2025 et les éléments d'explication documentés par la Cour des comptes. Chaque chiffre y arrive avec son périmètre.
Deux notions voisines sont traitées ailleurs sur moncrpe.com pour éviter de tout mélanger : le volume de postes ouverts d'un côté, les taux d'admission de l'autre. Ici, on ne parle que de ce qui reste vacant et de la tension qui en découle.
Qu'est-ce qu'un poste non pourvu au CRPE ?
Un poste non pourvu est une place ouverte au concours qu'aucun candidat n'occupe à l'issue des délibérations, parce que le jury n'a pas trouvé assez de copies et de prestations orales au niveau attendu. Le poste existe budgétairement, il reste vide. L'académie doit ensuite le couvrir autrement, souvent par un contractuel recruté avant la rentrée.
La formule n'est pas la même que "il manque des professeurs". Un poste peut être non pourvu au concours alors que l'académie compte des candidats en surnombre sur la liste complémentaire d'une autre voie. Et une académie peut pourvoir tous ses postes de concours tout en manquant de remplaçants en janvier. Ce sont deux problèmes différents.
Il faut aussi distinguer le poste non pourvu du poste vacant en cours d'année. Le premier se constate en juillet, au moment de la publication des résultats. Le second se constate toute l'année, au fil des congés, des démissions et des affectations. Les articles de presse passent régulièrement de l'un à l'autre sans prévenir.
Dernier point de vocabulaire : le taux de couverture. C'est le rapport entre le nombre d'admis et le nombre de postes offerts. Il peut dépasser 100 % quand une session supplémentaire vient s'ajouter à la session ordinaire, ce qui s'est produit plusieurs fois entre 2015 et 2021.
Combien de postes non pourvus au CRPE en 2024, 2025 et 2026 ?
Le ministère a recensé 1 163 postes non pourvus dans le premier degré public en 2024, puis 525 en 2025, tous concours confondus. Sur le seul périmètre des concours externes, la chute est encore plus nette : 650 postes non pourvus en 2025, 172 en 2026, soit une baisse de 73 % en un an.
| Indicateur | 2024 | 2025 | 2026 |
|---|---|---|---|
| Postes non pourvus, premier degré public, tous concours | 1 163 | 525 | n.d. |
| Taux de couverture, premier degré public, tous concours | 88,3 % | 94,7 % | n.d. |
| Postes non pourvus, concours externes du premier degré public | n.d. | 650 | 172 |
| Taux de couverture, concours externes du premier degré public | n.d. | 92,1 % | 98,5 % |
| Postes non pourvus, nouveau concours externe bac+3 | n.d. | n.d. | 146 sur 5 000 |
Sources : bilan ministériel des concours de la session 2025 et bilan de la session 2026. Les deux séries n'ont pas le même périmètre : la première porte sur l'ensemble des concours du premier degré public, la seconde sur les seules voies externes. Le bilan 2025 annonce 10 217 postes et 9 627 admis, soit un écart de 590, sans expliciter la différence avec les 525 postes non pourvus qu'il mentionne par ailleurs.
Le chiffre de 172 se décompose : 146 postes non pourvus sur les 5 000 du nouveau concours externe bac+3, et 26 sur les 6 600 du concours bac+5 transitoire. Autrement dit, la quasi-totalité du déficit résiduel de 2026 se loge dans le concours qui vient d'être créé.
Le passage de 650 à 172 correspond à un taux de couverture qui monte de 92,1 % à 98,5 % sur les concours externes. Reste que 2026 est une session doublée, avec deux concours externes en parallèle et une offre de postes en hausse de 32,2 %. Comparer son taux de couverture à celui d'une session ordinaire demande donc de la prudence.
Une remarque de méthode, parce qu'elle revient souvent dans les commentaires. Les 650 postes non pourvus de 2025 se reconstituent exactement à partir des données publiées : 8 291 postes offerts aux concours externe et externe spécial du public, 7 641 admis. La session supplémentaire de Créteil et Versailles, elle, est comptée à part.
Quelles académies ne pourvoient pas tous leurs postes ?
Quatre académies seulement, sur les trente du concours externe public, n'ont pas pourvu la totalité de leurs postes en 2025 : Versailles (356 postes vacants), Créteil (231), la Guyane (73) et Mayotte (35). Partout ailleurs, le contingent a été rempli, et parfois dépassé.
| Académie | Postes | Présents aux écrits | Admissibles | Admis | Postes non pourvus |
|---|---|---|---|---|---|
| Versailles | 960 | 795 | 672 | 604 | 356 |
| Créteil | 869 | 885 | 774 | 638 | 231 |
| Guyane | 110 | 167 | 50 | 37 | 73 |
| Mayotte | 115 | 564 | 112 | 80 | 35 |
| Total des quatre académies | 2 054 | 2 411 | 1 674 | 1 359 | 695 |
Source : devenirenseignant.gouv.fr, données statistiques du CRPE session 2025, mise à jour décembre 2025. Écarts calculés par moncrpe.com. Seules ces quatre académies sur trente sont déficitaires ; ailleurs, 154 candidats ont été admis au-delà du contingent local.
Versailles est le cas le plus frappant. L'académie a ouvert 960 postes, et 795 candidats seulement se sont présentés aux épreuves écrites. L'arithmétique était close avant même la correction des copies : même en admettant l'intégralité des présents, le contingent ne pouvait pas être rempli. Créteil est dans une situation à peine moins tendue, avec 885 présents pour 869 postes.
La Guyane et Mayotte relèvent d'une autre logique. Mayotte comptait 564 présents pour 115 postes, un vivier local largement suffisant en nombre, mais 112 admissibles seulement à l'issue des écrits. Le goulot d'étranglement s'y situe au niveau des résultats aux épreuves, pas au nombre de candidats.
Le total brut de ces quatre déficits atteint 695 postes. Il ne correspond pas aux 650 annoncés par le ministère, parce que 154 candidats ont été admis au-delà du contingent local dans d'autres académies, et parce que le concours externe spécial en langues régionales ajoute de son côté 109 postes non pourvus sur 174 offerts. Les deux effets se compensent partiellement.
La tension du CRPE académie par académie
Le meilleur indicateur de tension n'est pas le nombre de postes vacants, c'est le nombre de candidats présents aux écrits par poste offert. En 2025, ce ratio allait de 0,8 à Versailles à 8,7 en Martinique. Dix fois plus de concurrence pour une place d'un bout à l'autre du territoire.
| Académie | Postes | Présents aux écrits | Présents par poste |
|---|---|---|---|
| Versailles | 960 | 795 | 0,8 |
| Créteil | 869 | 885 | 1,0 |
| Guyane | 110 | 167 | 1,5 |
| Paris | 236 | 370 | 1,6 |
| Grenoble | 435 | 700 | 1,6 |
| Orléans-Tours | 345 | 598 | 1,7 |
| Amiens | 267 | 464 | 1,7 |
| Dijon | 182 | 325 | 1,8 |
| Nancy-Metz | 316 | 594 | 1,9 |
| Besançon | 159 | 302 | 1,9 |
| Nice | 320 | 612 | 1,9 |
| Normandie | 420 | 973 | 2,3 |
| Aix-Marseille | 421 | 988 | 2,3 |
| Strasbourg | 190 | 450 | 2,4 |
| Lyon | 362 | 912 | 2,5 |
| Reims | 136 | 362 | 2,7 |
| Nantes | 237 | 698 | 2,9 |
| Toulouse | 333 | 984 | 3,0 |
| Clermont-Ferrand | 102 | 307 | 3,0 |
| Bordeaux | 337 | 1 073 | 3,2 |
| Limoges | 70 | 233 | 3,3 |
| Montpellier | 274 | 932 | 3,4 |
| Poitiers | 136 | 481 | 3,5 |
| Lille | 448 | 1 642 | 3,7 |
| Corse | 20 | 85 | 4,2 |
| Mayotte | 115 | 564 | 4,9 |
| Rennes | 137 | 714 | 5,2 |
| Guadeloupe | 26 | 165 | 6,3 |
| Réunion | 120 | 847 | 7,1 |
| Martinique | 19 | 165 | 8,7 |
Source : devenirenseignant.gouv.fr, session 2025. Ratio calculé par moncrpe.com en divisant le nombre de présents aux épreuves écrites par le nombre de postes offerts dans l'académie.
Sous 2 présents par poste, l'académie est en tension structurelle : Versailles, Créteil, la Guyane, Paris, Grenoble, Orléans-Tours, Amiens, Dijon, Nancy-Metz, Besançon et Nice étaient dans ce cas en 2025. Au-dessus de 4, le concours redevient franchement sélectif localement : Corse, Mayotte, Rennes, Guadeloupe, La Réunion, Martinique.
Ce classement n'est pas figé. Il dépend du nombre de postes que le ministère décide d'affecter à chaque académie, qui varie fortement d'une année sur l'autre, et du nombre d'inscrits qui se déplacent réellement le jour des écrits. Le tableau des postes 2026, académie par académie, est dans les postes ouverts au CRPE.
Un ratio bas ne dispense de rien. Le jury applique les mêmes barèmes partout, et c'est précisément parce qu'il ne les abaisse pas que des postes restent vacants à Versailles année après année. La tension change tes chances statistiques, pas le niveau attendu de ta copie.
Vingt ans de taux de couverture : la rupture de 2022
Jusqu'en 2021, les concours du premier degré public pourvoyaient la quasi-totalité de leurs postes : 98,7 % en 2005, 99,7 % en 2020, 97,5 % en 2021. La rupture intervient en 2022, avec un taux qui tombe à 82,4 %, son plus bas niveau de la série publiée par la DEPP.
| Session | Postes tous concours | Admis | Taux de couverture | Taux de couverture des seuls concours externes |
|---|---|---|---|---|
| 2005 | 15 839 | 15 630 | 98,7 % | 99,5 % |
| 2010 | 7 615 | 7 462 | 98,0 % | 100,4 % |
| 2015 | 12 097 | 12 376 | 102,3 % | 103,1 % |
| 2020 | 11 525 | 11 486 | 99,7 % | 100,6 % |
| 2021 | 9 990 | 9 745 | 97,5 % | 98,4 % |
| 2022 | 9 951 | 8 195 | 82,4 % | 83,0 % |
| 2023 | 10 350 | 9 049 | 87,4 % | 89,6 % |
| 2024 | 10 350 | 8 934 | 86,3 % | 90,8 % |
Source : fiche 9.27 du chapitre 9 des Repères et références statistiques 2025 de la DEPP (champ France + COM). Le taux des concours externes intègre la session supplémentaire, ce qui explique qu'il puisse dépasser 100 %.
Cette chute coïncide avec le passage du concours externe à bac+5 : à partir de la session 2022, seuls les étudiants en seconde année de master ou déjà titulaires d'un master pouvaient s'y présenter. Le nombre de présents passe de 34 162 à 19 907 en une année, sans que l'offre de postes ne bouge. Le vivier s'est réduit plus vite que l'offre.
La remontée de 2023 et 2024, à 87,4 % puis 86,3 %, reste partielle et masque une divergence interne. Sur la même période, les concours externes se redressent (89,6 % puis 90,8 %) tandis que les concours internes se dégradent nettement, jusqu'à 47,3 % de couverture en 2024. Le second concours interne, en particulier, ne pourvoit plus qu'un poste sur deux.
La leçon de cette série longue tient en une phrase : le taux de couverture du CRPE réagit surtout aux règles d'accès au concours, avant de réagir à l'attractivité du métier. Toute comparaison entre deux sessions séparées par une réforme demande d'être explicitée.
Pourquoi ces postes restent vacants ?
Trois facteurs documentés se cumulent : un vivier de candidats réduit par les réformes successives des conditions d'accès, une concentration géographique des besoins sur des académies où le coût du logement est élevé, et un recours aux personnels non titulaires en hausse depuis 2015 pour absorber le reste.
La Cour des comptes a chiffré ce phénomène avant la réforme actuelle. Dans son rapport « Devenir enseignant : la formation initiale et le recrutement des enseignants », elle relève qu'entre 2017 et 2021, il a manqué en moyenne un peu plus d'un millier de postes par an (1 110 précisément), et qu'environ 4 500 nouveaux contractuels ont dû être recrutés pour la seule année 2022. Elle recommandait notamment de renforcer l'attractivité spécifique des académies de Créteil et Versailles.
| Secteur d'enseignement | Enseignants | dont non titulaires | Part des non titulaires |
|---|---|---|---|
| Premier degré public | 323 791 | 8 818 | 3 % |
| Premier degré privé sous contrat | 43 677 | 7 236 | 17 % |
| Second degré public | 389 035 | 43 151 | 11 % |
| Second degré privé sous contrat | 96 269 | 19 790 | 21 % |
Source : fiche 9.02 du chapitre 9 des Repères et références statistiques 2025 de la DEPP, personnels de l'enseignement scolaire selon leur mission et leur corps, année 2024-2025. Parts arrondies par la DEPP.
La part de non-titulaires dans le premier degré public reste faible, 3 % à la rentrée 2024, très en dessous du second degré public (11 %) et surtout du privé sous contrat (17 % dans le premier degré, 21 % dans le second). Le recrutement par concours reste donc, de loin, la voie normale d'entrée dans le métier de professeur des écoles.
Sur les causes individuelles, la prudence s'impose. Le coût du logement en Île-de-France, les conditions d'exercice et le niveau de rémunération sont régulièrement mis en avant dans le débat public, mais aucun bilan de concours ne permet de leur attribuer une part précise du déficit. Ce qu'on peut affirmer, c'est que trois des quatre académies déficitaires de 2025, Versailles, Créteil et la Guyane, sont aussi les trois académies où le nombre de candidats présents par poste est le plus faible de France. Mayotte relève d'un autre mécanisme, avec un vivier nombreux mais peu d'admissibles. Sur la rémunération, les montants réels figurent dans le salaire réel d'un professeur des écoles, fiche de paie à l'appui.
Un facteur de fond joue à moyen terme dans l'autre sens : la démographie. La DEPP a publié le 8 avril 2026 des projections d'effectifs à dix ans qui chiffrent la baisse à 933 000 élèves dans le premier degré d'ici 2035. Moins d'élèves signifie, à taux d'encadrement constant, moins de besoins d'enseignants, donc une pression à la baisse sur le nombre de postes ouverts. La section suivante détaille ce mécanisme et ses limites.
La baisse du nombre d'élèves va-t-elle réduire les postes au CRPE ?
Réponse directe : oui à moyen terme, non mécaniquement dès 2027. La DEPP projette 933 000 élèves de moins dans le premier degré d'ici 2035, et la rentrée 2026 en a déjà perdu 125 400. Le nombre de postes ouverts au concours, lui, reste une décision budgétaire prise chaque année.
Le 31 août 2026, le ministre de l'Éducation nationale a présenté en conseil des ministres une communication sur la rentrée scolaire 2026 : 11,6 millions d'élèves, 1,2 million de personnels, et surtout 161 000 élèves de moins qu'à la rentrée précédente. Le texte parle d'une « accélération de la chute démographique » et annonce une baisse attendue de 1,7 million d'élèves entre 2025 et 2035. C'est la première fois que le ministère met ce chiffre au centre de sa communication de rentrée.
| Périmètre | Élèves en moins | Évolution |
|---|---|---|
| Ensemble public et privé sous contrat, 2025-2035 | 1 676 800 | - 14,2 % |
| Premier degré, 2025-2035 | 933 000 | - 15,2 % |
| Second degré, 2025-2035 | 743 800 | - 13,2 % |
| Premier degré, dès la rentrée 2026 | 125 400 | n.d. |
| Second degré, dès la rentrée 2026 | 36 200 | n.d. |
| Dont petite section de maternelle, rentrée 2026 | 46 500 | n.d. |
Source : education.gouv.fr, communiqué du 8 avril 2026 présentant les projections d'effectifs de la DEPP à l'horizon 2035, scénario de référence, champ public et privé sous contrat.
La cause est connue et elle n'a rien de conjoncturel : 645 000 naissances en France en 2025, soit 24 % de moins qu'en 2010. La vague traverse le système niveau par niveau, la maternelle d'abord, l'élémentaire ensuite, le collège puis le lycée après. Le premier degré, donc le CRPE, est en première ligne.
Ce qui compte pour toi, c'est que la baisse n'est pas répartie uniformément. Les projections de la DEPP descendent au département, et les écarts sont énormes, y compris à l'intérieur d'une même académie : dans l'académie de Limoges, la Creuse perdrait 20 % de ses élèves contre 7,4 % pour la Corrèze ; dans celle de Rennes, les Côtes-d'Armor reculeraient de 20,7 % contre 8,2 % pour l'Ille-et-Vilaine.
| Académie | Évolution projetée des effectifs du premier degré d'ici 2035 |
|---|---|
| Paris | - 29,3 % |
| Nancy-Metz | - 22,1 % |
| Lille | - 20,7 % |
| Nice | environ - 12 % |
| Nantes | environ - 12 % |
| Mayotte | - 4,5 % |
Source : education.gouv.fr, communiqué du 8 avril 2026. Le communiqué cite ces académies comme bornes et repères de la fourchette ; le détail complet, académie par académie et département par département, figure dans le document de travail de la DEPP annoncé avec cette publication.
Attention au raccourci, il est tentant et il est faux. Moins d'élèves ne se traduit pas automatiquement par moins de postes au concours l'année suivante. Une partie de la baisse démographique a jusqu'ici été réinvestie dans le taux d'encadrement : dédoublement des classes en éducation prioritaire, plafonnement à 24 élèves en grande section, deux mesures que le ministère rappelle dans cette même communication. Et les départs en retraite continuent de créer des besoins de recrutement indépendamment du nombre d'élèves.
Ce qui change vraiment, c'est la méthode. Le ministère annonce une carte de l'offre scolaire pluriannuelle, expérimentée dans 18 départements pilotes et destinée à s'appliquer partout dès 2027, et la création d'une direction de la politique territoriale de l'École et de l'anticipation avant le 1er novembre 2026. Traduction pour un candidat : la répartition des postes entre académies va être pilotée sur plusieurs années au lieu d'être réajustée chaque printemps. Les académies qui perdent le plus d'élèves sont celles où le contingent de postes a le plus de chances de se resserrer en premier.
Pour la session 2027, rien n'est encore écrit, et c'est une information en soi. Au 5 septembre 2026, aucun arrêté d'ouverture n'est paru au Journal officiel ; le ministère indique sur sa page des textes officiels de référence que ces arrêtés paraîtront en septembre 2026, et le nombre de postes par académie ne sera publié, comme chaque année, qu'au plus tard la veille de la première épreuve d'admissibilité. Le suivi de ces chiffres se fait sur la page des postes ouverts au CRPE.
Le second degré subit la même vague, un peu moins fort et un peu plus tard (743 800 élèves de moins, soit 13,2 %). Si tu hésites encore entre les deux concours, la comparaison des débouchés est détaillée dans CRPE ou CAPES.
Ce que change le concours à bac+3
Le décret n° 2025-352 du 17 avril 2025 a déplacé le concours de la fin du master à la fin de la licence, avec un objectif explicite : élargir le vivier en attrapant les candidats avant qu'ils ne s'orientent ailleurs pendant leurs études de master. La session 2026 est la première à l'appliquer, en parallèle du concours bac+5 maintenu à titre transitoire.
Les premiers résultats vont dans le sens attendu sur le volume de candidatures. Selon le bilan des inscriptions publié par le ministère, 88 258 inscriptions ont été enregistrées aux concours externes du CRPE public en 2026, soit plus du double de la session 2025, avec des hausses de 72,8 % à Créteil et 85,8 % à Versailles, précisément les deux académies les plus déficitaires. Le nombre total de postes offerts a été relevé de 32,2 % dans le même mouvement.
Le taux de couverture des concours externes atteint 98,5 % à l'issue de cette session, contre 92,1 % l'année précédente. C'est le meilleur niveau depuis 2021. Le ministère y voit les premiers effets de la réforme, formulation prudente qu'il faut garder telle quelle : une session unique ne permet pas d'isoler l'effet du changement de règle de celui de la hausse simultanée du nombre de postes.
Un point mérite d'être noté : les 146 postes non pourvus de 2026 se concentrent sur le nouveau concours bac+3, pas sur l'ancien. Le concours censé résoudre le problème est celui qui, pour sa première année, laisse le plus de places vacantes en valeur absolue. Rien d'anormal pour une première session, mais rien qui autorise à conclure.
Le déroulé de la formation après l'admission a lui aussi changé, avec deux années d'alternance rémunérée en école. Voir les deux années de formation après le CRPE bac+3 pour le déroulé complet.
Ce que la pénurie change concrètement pour toi
Un contexte de recrutement tendu améliore tes chances statistiques dans certaines académies, et seulement là. Il ne modifie ni les épreuves, ni les barèmes, ni le niveau attendu par le jury. Sur les quatre académies déficitaires de 2025, l'écart de chances se joue en dizaines de points, ce qui est considérable.
Ce que je vois côté jury. On me demande souvent si on « descend la barre » quand il reste des postes. Non, et la mécanique est simple : la note d'un candidat ne dépend pas du nombre de places, elle dépend de la grille. Ce que j'observe, c'est que dans les académies sous tension, on lit surtout beaucoup de copies très courtes, rendues par des candidats venus tenter leur chance sans préparation construite.
Adam, directeur d'école et membre du jury du CRPE
Deuxième conséquence pratique : le recours aux listes complémentaires. Quand des candidats admis se désistent, les académies puisent dans cette liste, parfois tard dans l'été. Ce mécanisme est distinct de la liste principale et il ne se déclenche pas partout, ce que détaille la page consacrée à la liste complémentaire du CRPE.
Troisième conséquence, plus lourde : les académies les plus déficitaires sont aussi celles où tu risques d'être affecté loin de chez toi, sur un poste fractionné ou un remplacement, pour ta première année. Choisir Versailles pour son taux d'admission sans regarder les conditions d'affectation est un calcul incomplet.
Sur moncrpe.com, tu prépares les épreuves telles qu'elles sont notées, académie déficitaire ou pas : le contenu ne change pas selon le contexte de recrutement.
Pour aller au bout du raisonnement, croise systématiquement trois séries de la même session : les postes offerts (voir le tableau par académie), les admis rapportés aux présents (voir les taux de réussite) et les postes finalement vacants, objet de cette page. Prises séparément, ces trois séries racontent trois histoires différentes.
Questions fréquentes
Un contexte favorable ne remplace pas une préparation
Les postes non pourvus se comptent là où les jurys ne trouvent pas le niveau attendu. Sur moncrpe.com, cours, quiz et suivi de progression te préparent aux épreuves telles qu'elles sont notées.