Rapport de jury CRPE, ce que les jurys écrivent noir sur blanc
Au 10 octobre 2026, trois académies ont publié un rapport de jury sur la session 2026, la première du concours bac+3. Il s'agit de Nantes, Créteil et Versailles, les autres sources vérifiées en restant à la session 2025.
Après chaque session, le jury de chaque académie publie un rapport où il explique ce qui a fait échouer les candidats. Il rend compte de milliers de copies et d'entretiens, avec les réussites mais surtout les erreurs qui reviennent d'une année sur l'autre.
Peu de candidats l'ouvrent, ou alors la veille de l'oral, en le survolant. Bien exploité, ce document permet pourtant de cibler tes révisions sur ce qui sépare un admis d'un recalé.
Nous avons lu en entier deux rapports de la session 2025, ceux des académies de Bordeaux et de Créteil, ainsi que les rapports bac+3 de 2026 cités plus bas. Les extraits sont recopiés mot pour mot, avec le lien vers le document d'origine.
Qu'est-ce qu'un rapport de jury CRPE ?
Un rapport de jury CRPE est rédigé après la session par le jury de l'académie organisatrice. Il présente les statistiques du concours, analyse les sujets, décrit ce que les correcteurs ont trouvé dans les copies et les prestations orales, puis donne des conseils aux futurs candidats. Sa date de publication et son format varient d'une académie à l'autre.
Le jury annonce lui-même son intention en préambule. Dans le rapport de la session 2025 de l'académie de Bordeaux, la présidente du jury écrit qu'il « doit aussi permettre aux candidats ajournés de percevoir des axes de progrès en vue d'une nouvelle candidature et aux candidats qui se présentent pour la première fois, de percevoir les attendus ainsi que le niveau d'exigence requis de ce concours qui reste sélectif » (rapport de jury CRPE 2025, académie de Bordeaux, page 3). Lis-le donc comme un diagnostic de tes points faibles.
Un rapport n'a aucune valeur réglementaire. Il ne remplace ni l'arrêté du 17 avril 2025 qui fixe les modalités du concours externe, ni le descriptif officiel des épreuves publié par le ministère. Il décrit une session passée, avec le format d'épreuves de cette session. Or les rapports 2025 portent encore sur le concours bac+5, alors que tu passeras un concours bac+3 dont la structure a changé. Les remarques sur les disciplines et la posture restent valables, celles qui portent sur le format beaucoup moins.
Où trouver le rapport de jury de ton académie ?
Chaque académie publie son rapport sur le site du rectorat organisateur, ou sur celui du Siec pour Paris, Créteil et Versailles. Le ministère centralise les sujets des épreuves écrites mais pas les rapports, et la page devenirenseignant.gouv.fr renvoie vers les rectorats. Ce sont des PDF en libre téléchargement, sans compte ni inscription.
Depuis la réforme bac+3, les sujets écrits d'admissibilité sont communs à un groupement d'académies, ce qui prête parfois à confusion. Il existe trois groupements, dont les sujets sont publiés sur devenirenseignant.gouv.fr. Le groupe 1 réunit les académies de métropole et La Réunion, le groupe 2 la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, le groupe 3 la seule académie de Polynésie française. La correction des copies, les oraux et donc le rapport de jury restent organisés académie par académie. Un même sujet ne signifie pas un même jury.
Le rythme de publication varie beaucoup. Lors de notre vérification du 10 octobre 2026, trois académies avaient mis en ligne un rapport sur la session 2026, la première organisée au format bac+3. Nantes publie deux documents distincts, un rapport de 27 pages pour l'accès licence et un rapport de 48 pages pour l'accès master. Créteil et Versailles passent par le Siec et séparent elles aussi les deux concours. Créteil a déposé ses rapports du concours bac+5 le 23 septembre 2026, puis ceux du concours L3 le 25 septembre, et Versailles son rapport L3 le 2 octobre. Lille et Toulouse en sont encore au rapport de la session 2025, comme Bordeaux, Lyon et Paris lors de notre vérification précédente, le 3 septembre 2026.
%| Académie ou source | Session la plus récente en ligne | Lien |
|---|---|---|
| Nantes, accès licence (bac+3) | 2026 | Rapport 2026, accès licence |
| Nantes, accès master (bac+5) | 2026 | Rapport 2026, accès master |
| Créteil, concours bac+5 (Siec) | 2026, déposé le 23 septembre | Rapports écrits et oraux 2026 |
| Créteil, concours bac+3 L3 (Siec) | 2026, déposé le 25 septembre | Rapports écrits et oraux L3 2026 |
| Versailles, concours bac+3 L3 (Siec) | 2026, déposé le 2 octobre | Rapport de jury L3 2026 |
| Lille | 2025 | Page des rapports de jury |
| Toulouse | 2025 | Page concours du premier degré |
| Paris et autres académies du Siec | à vérifier au cas par cas | Docuthèque CRPE du Siec |
| Autre académie | à vérifier | Annuaire des rectorats |
Source : vérification directe le 10 octobre 2026 sur ac-nantes.fr, siec.education.fr, ac-lille.fr et ac-toulouse.fr.
Si ton académie n'a encore rien publié pour 2026, commence par ces trois rapports. Ils décrivent le même concours, les mêmes sujets de groupement et le même format d'épreuves que le tien. Le rapport 2025 de ta propre académie reste utile pour le fond disciplinaire. Nous mettons cette page à jour au fil des parutions, de la rentrée à l'hiver.
Que disent les premiers rapports de jury du concours bac+3 ?
Les rapports de Nantes, Créteil et Versailles sur la session 2026 font trois constats communs. La maîtrise de la langue reste fragile à l'écrit, les démonstrations mathématiques sont souvent remplacées par des exemples, et surtout les exposés oraux durent deux à quatre fois moins longtemps que le temps accordé.
Le temps non utilisé est le constat le plus frappant. Sur l'épreuve d'exposé, le jury de Créteil écrit : « On note un écart important entre l'attendu d'environ vingt minutes d'exposé et la durée effective », les prestations tenant le plus souvent entre 4 et 10 minutes. Versailles fait le même constat en français, où « de nombreux candidats proposent des présentations très courtes », de cinq à douze minutes pour vingt prévues. Sur la partie EPS, le constat est identique : « Le temps d'exposé a été très largement sous-utilisé », la plupart des candidats parlant trois à quatre minutes sur huit.
À l'écrit, le jury sanctionne la méthode avant les connaissances. Sur l'exercice d'arithmétique, Créteil attendait « une véritable démonstration mathématique (et non une collection d'exemples, ce qui n'a aucune valeur logique) ». Sur l'étude de la langue, le même rapport annonce « la primauté sur tout étiquetage d'analyses sensées et de manipulations opératoires ». Nommer la nature d'un mot ne rapporte donc rien si la manipulation qui la prouve manque. Sur la partie réflexion, une phrase mérite d'être relue avant l'épreuve : « L'épreuve n'est pas un commentaire de texte, mais bien un développement à partir du sujet proposé. »
Les erreurs disciplinaires relevées sont très précises. Versailles signale « des probabilités qui dépassent 1 », des confusions entre probabilité et pourcentage ou entre Vichy et la IVe République, et note que « la démarche scientifique ne semble pas acquise pour beaucoup de candidats ». Créteil relève des confusions entre photosynthèse et respiration, entre vitesse et accélération, et une « confusion fréquente entre “romantisme”, période historique, et “romance”, sentiment amoureux » en éducation musicale. Toutes ces notions relèvent du cycle 4.
À l'entretien, c'est la place de l'élève qui manque. Créteil l'écrit en une ligne, « Trop souvent, la place de l'élève est absente de l'analyse », et le jury « encourage donc vivement les candidats à s'approprier ce référentiel », celui des compétences professionnelles. Versailles constate que « la connaissance des textes officiels et du fonctionnement du système éducatif s'est révélée souvent imprécise », tout en saluant les candidats qui ont montré « une connaissance précise du sens de l'École républicaine ».
%| Épreuve | Relevé par le jury | Rapports concernés |
|---|---|---|
| Écrit 1, français | Syntaxe et orthographe très fragiles, registre familier, étiquetage grammatical sans manipulation | Versailles et Créteil |
| Écrit 1, mathématiques | Démonstration remplacée par des exemples, probabilités supérieures à 1, justifications absentes | Versailles et Créteil |
| Écrit 2, histoire-géographie et EMC | Erreurs de chronologie et de localisation, cartographie négligée, lois sur l'égalité peu connues | Versailles et Créteil |
| Écrit 2, sciences et technologie | Démarche scientifique non acquise, physique-chimie moins maîtrisée, confusions photosynthèse et respiration | Versailles et Créteil |
| Écrit 2, arts | Description au lieu de l'analyse, peu de connaissances culturelles mobilisées | Versailles et Créteil |
| Oral 1, exposé français et maths | Exposés de 4 à 12 minutes pour 20 prévues, repères d'histoire littéraire lacunaires, définitions mal énoncées | Créteil et Versailles |
| Oral 2, partie EPS | Temps d'exposé très largement sous-utilisé, confusion entre le sport et les finalités éducatives de l'EPS | Versailles et Créteil |
| Oral 2, entretien | Place de l'élève absente de l'analyse, référentiel de compétences peu mobilisé, textes officiels imprécis | Créteil et Versailles |
Sources : rapport de jury CRPE L3 2026, académie de Versailles et rapports de jury CRPE L3 2026, académie de Créteil (Siec), consultés le 10 octobre 2026.
Chaque ligne est développée sur la page de l'épreuve, à partir de la page des épreuves du CRPE.
Les durées citées dans ces rapports sont celles de la session 2026. L'arrêté du 20 août 2026, publié au Journal officiel du 20 septembre 2026 et entré en vigueur le 1er octobre 2026, ramène la première épreuve d'admission du concours externe de 1 h à 45 min, soit 15 min d'exposé et 30 min d'échange. Il figure parmi les textes listés sur la page des textes officiels des concours. Le constat du jury reste valable, puisque les candidats s'arrêtent trop tôt, mais la durée a changé. Mieux vaut tenir 15 minutes que viser 20 minutes et n'en faire que 6. Le nouveau format est détaillé dans le guide des épreuves d'admission.
Ce que je vois côté jury. En commission, un exposé écourté ne passe pas pour de la modestie. Il donne l'impression d'un dossier mal préparé. Quand un candidat rend la parole au bout de six minutes, nous comblons le reste avec nos propres questions, et il perd l'occasion de dérouler sa démonstration. Ceux qui tiennent le temps imparti arrivent à l'échange avec leur plan déjà posé et gardent la main.
Adam, directeur d'école et membre du jury du CRPE
Aucun de ces trois rapports ne publie de statistiques, ni nombre d'admissibles, ni moyennes, ni barre. Les chiffres se trouvent ailleurs, comme le montre la section suivante. Pour combler les lacunes disciplinaires que ces jurys relèvent, un manuel reste nécessaire, et notre sélection figure dans les livres de préparation au CRPE 2027.
Où trouver les chiffres de la session 2026 de ton académie ?
Les rapports de jury 2026 ne contiennent pas de statistiques, mais certains rectorats les publient à part. Dans l'académie de Toulouse, le concours externe bac+3 a attiré 2 777 inscrits à sa première session, contre 2 141 pour le concours bac+5, pour 184 postes contre 270. Les données nationales par académie ne sont pas encore publiées.
%| Concours | Inscrits | Postes | Présents à la 1re épreuve | Admis |
|---|---|---|---|---|
| Concours externe bac+5, public | 2 141 | 270 | 1 049 | 270 |
| Concours externe bac+3, public | 2 777 | 184 | 1 594 | 184 |
| Ensemble des concours publics | 5 477 | 476 | 2 842 | 476 |
Source : statistiques de la session 2026, académie de Toulouse, document publié sur ac-toulouse.fr, consulté le 10 octobre 2026.
Ce tableau apporte ce que les rapports ne disent pas. Avec 1 594 présents pour 184 postes, le concours bac+3 toulousain compte 8,7 présents par poste, contre 3,9 pour le concours bac+5 (1 049 présents pour 270 postes), selon les chiffres du rectorat. La sélection a donc été plus forte en bac+3, mais sur une cohorte nouvelle qui passait l'épreuve pour la première fois, sans historique pour comparer. Ces chiffres ne s'appliquent pas aux autres académies, où les postes ne se répartissent pas de la même façon entre les deux concours. La méthode de calcul et les écarts entre académies sont détaillés dans l'article sur le nombre de candidats par poste, et les seuils réels dans celui sur les barres d'admissibilité.
La page concours du premier degré de ton rectorat regroupe souvent le rapport de jury, les arrêtés de jury de la session et les statistiques. Toulouse publie par exemple ses arrêtés de jury 2026 pour le bac+3 et le bac+5 à côté du tableau ci-dessus, alors que son rapport 2026 n'est pas encore sorti. Pour revoir ta propre copie plutôt que les moyennes de l'académie, la démarche est décrite dans le guide pour demander ses copies et son relevé de notes.
Ce que les jurys ont écrit dans les rapports 2025
Les deux rapports 2025 que nous avons lus portent sur le concours bac+5. Ils disent presque la même chose que les rapports bac+3 de 2026, avec d'autres mots. Les candidats échouent rarement par ignorance totale, bien plus souvent par imprécision. Les phrases ci-dessous sont recopiées telles quelles.
Sur l'écrit de français. Le jury de Bordeaux prévient dès le préambule qu'il faut « appeler la plus grande vigilance des candidats sur cette question notamment en ce qui concerne l'orthographe tant lexicale que grammaticale ». Pour les exercices d'étude de la langue, la formule est plus sèche encore : « Toute imprécision, même ponctuelle, a été sanctionnée. » Il faut la prendre au pied de la lettre, car elle décrit le barème appliqué.
Sur l'écrit de mathématiques. Toujours à Bordeaux : « Il est attendu d'un candidat au CRPE de produire la démarche experte. » Trouver le bon résultat par tâtonnement ne suffit donc pas. Le même rapport précise ce qui rapporte des points : « le jury a valorisé les réponses accompagnées d'une justification du raisonnement conduit, y compris lorsque l'énoncé de la question ne le précisait pas ».
Sur la forme des copies. Une phrase mérite d'être affichée au-dessus de ton bureau : « Il s'agit, pour être lu, d'être lisible et donc de soigner son écriture et de présenter un travail propre et soigné. » Et sur l'épreuve d'application : « Beaucoup de réponses sont incomplètes ou hors sujet en raison d'une lecture trop rapide. »
Sur les oraux. Le rapport de l'académie de Créteil consacré aux épreuves d'admission est très direct. Sur la leçon : « Les meilleurs candidats font référence à la différenciation et à l'évaluation. » Sur la différence entre les deux disciplines : « Le propos des candidats semble globalement plus imprécis et plus confus en mathématiques qu'en français. » Sur l'entretien : « Le jury valorise les entretiens avec des candidats qui établissent des liens au sein de la discipline, mobilisent des références scientifiques à des chercheurs, écrits, mouvements, théories… »
Sur la posture professionnelle. Créteil encore : « Le jury constate que de nombreux candidats présentent une connaissance encore insuffisante du développement de l'enfant, ce qui limite la pertinence de leurs propositions pédagogiques », et « les exposés restent souvent descriptifs, avec un manque d'analyse et de mise en perspective didactique ». Sur la mise en situation professionnelle, le jury résume le problème ainsi : « Trop souvent, la place de l'élève est absente de l'analyse. » Ces extraits viennent du rapport CRPE 2025 de l'académie de Bordeaux et du rapport oraux d'admission 2025 de l'académie de Créteil (Siec).
Ce que le jury valorise et ce qu'il sanctionne, épreuve par épreuve
Mis côte à côte, les deux rapports 2025 dessinent une grille de lecture assez stable. La colonne du milieu liste ce qui fait monter une note, celle de droite ce qui la fait chuter. Chaque case reprend les termes employés par les jurys.
%| Épreuve | Ce que le jury valorise | Ce qu'il sanctionne |
|---|---|---|
| Écrit de français | Réponses exhaustives et précises, terminologie grammaticale maîtrisée, réflexion structurée qui s'appuie réellement sur le texte | « Toute imprécision, même ponctuelle » sur l'étude de la langue, confusions entre notions voisines, orthographe et syntaxe défaillantes |
| Écrit de mathématiques | La « démarche experte », les justifications spontanées même non demandées, la présentation soignée et les résultats mis en évidence | Le calcul lancé sans lire l'énoncé, le tâtonnement non justifié, la confusion aire / périmètre, les notations approximatives |
| Écrit d'application | Écrit structuré avec problématique, articulation entre documents et connaissances, propositions réalistes et contextualisées, remédiations proposées | La paraphrase des documents, les propositions trop générales, l'absence de plan, la méconnaissance des capacités réelles des élèves |
| Leçon (oral) | Plan annoncé, séance située dans une séquence avec un objectif explicite, différenciation, références didactiques maîtrisées, posture réflexive | Structuration floue, séances « peu réalistes, souvent génériques », lecture non analysée des documents, références « plaquées ou mal maîtrisées » |
| Entretien (leçon) | Candidats « capables de reconstruire leur séance à partir des échanges » et de se projeter de façon réaliste dans le métier | Rigidité, reprise mécanique de l'exposé, langage imprécis, expressions familières, réponses brèves sans justification |
| Entretien EPS et situations professionnelles | Articulation du didactique et du pédagogique, connaissance de l'arrêté du 25 juin 2021, usage du référentiel de compétences, réflexion éthique | Traitement d'un seul versant de la question, exposés trop brefs, place de l'élève absente de l'analyse, Charte de la laïcité mal connue |
Sources : rapport de jury CRPE 2025, académie de Bordeaux et rapport de jury CRPE 2025, académie de Créteil (Siec), consultés en août 2026.
Dans la colonne de droite, presque rien ne relève de la connaissance pure. Lecture trop rapide, plan absent, justification manquante, registre de langue inadapté, tout cela se corrige en quelques semaines sans apprendre un chapitre de plus.
Ce que je vois côté jury. À niveau égal, deux candidats se départagent rarement sur la quantité de connaissances. Ce qui compte, c'est leur capacité à se reprendre. Quand ma question pointe une faiblesse de l'exposé, le candidat qui reconnaît la limite et propose autre chose gagne des points sur-le-champ, alors que celui qui répète sa préparation à l'identique en perd. J'ai vu des exposés moyens sauvés par dix minutes d'entretien lucide, et l'inverse aussi souvent.
Adam, directeur d'école et membre du jury du CRPE
Comment lire un rapport de jury pour en tirer profit ?
Un rapport de jury fait souvent 30 à 70 pages. Une lecture linéaire d'un bout à l'autre sert peu. Lis-le crayon en main, en trois passages ciblés.
Premier passage, les listes. La plupart des rapports contiennent des rubriques comme « points positifs », « difficultés rencontrées », « caractéristiques des prestations satisfaisantes » ou « conseils aux candidats ». Ce sont les pages à photocopier, le reste sert de contexte.
Deuxième passage, les formules qui reviennent. Quand un jury écrit « trop de candidats », « de nombreux candidats » ou « le jury regrette », il signale une faiblesse collective. En la corrigeant, tu prends un avantage direct sur les autres candidats. À l'inverse, « le jury a valorisé » ou « les meilleurs candidats » te donnent la liste des comportements qui rapportent des points.
Troisième passage, l'écrit et l'oral séparément. Les attentes diffèrent. L'écrit sanctionne des lacunes disciplinaires et des imprécisions de rédaction. L'oral sanctionne surtout le manque de recul, l'absence de projection dans la classe et un registre de langue trop familier. Les erreurs de posture les plus fréquentes sont détaillées dans l'article consacré aux erreurs de posture à l'oral.
Les rapports décrivent aussi le déroulé matériel de l'épreuve, le temps de préparation, les documents fournis et la composition des commissions. Les lire avant l'oral enlève une bonne part d'inconnu. Le fonctionnement des commissions est expliqué dans le guide sur la composition du jury du CRPE. Comme il n'existe pas de rapport national, lire deux ou trois rapports d'académies différentes aide aussi à distinguer les constats récurrents des remarques propres à une session.
Les erreurs qui reviennent d'une académie à l'autre
D'un rapport à l'autre, quatre constats reviennent presque à l'identique, quel que soit le sujet de l'année.
- La lecture trop rapide de la consigne. Bordeaux le formule pour l'application : « Beaucoup de réponses sont incomplètes ou hors sujet en raison d'une lecture trop rapide. » Le rapport conseille de repérer les verbes d'action de l'énoncé (expliquer, comparer, justifier, proposer) et de répondre à chacun.
- Le raisonnement juste mais non justifié. En mathématiques, la note récompense le chemin plus que le résultat. Un bon résultat obtenu par essais successifs, sans propriété mobilisée, rapporte peu au CRPE.
- La théorie récitée sans classe derrière. À l'oral, citer un auteur ne suffit pas. Le jury attend que la référence explique un obstacle d'apprentissage précis. Créteil relève même des candidats dont la représentation de la classe repose sur leurs souvenirs d'élève.
- Le registre de langue. Les rapports relèvent les approximations lexicales, les confusions entre chiffre et nombre, et les tics de langage. Un futur professeur des écoles est évalué sur sa langue en permanence, à l'écrit comme à l'oral.
Avant de recopier ces constats dans tes fiches, garde en tête que les rapports 2025 décrivent les épreuves du concours bac+5. Les trois rapports bac+3 de la session 2026 cités plus haut correspondent, eux, à ton concours. Il comporte deux écrits de quatre heures et deux oraux redéfinis, détaillés sur la page ministérielle des épreuves du concours externe bac+3. Garde les remarques de fond et de posture, et laisse de côté ce qui touche au format, à la durée ou aux coefficients. Le comparatif des deux formats figure dans le guide du CRPE bac+3.
Transformer le rapport de jury en plan de révision
Une soirée de travail suffit pour cette méthode en trois étapes.
- Surligne chaque remarque qui pointe une erreur récurrente, matière par matière, en ne gardant que les rubriques de conseils et de difficultés.
- Classe ces remarques en deux colonnes, d'un côté les connaissances manquantes (tu ne savais pas), de l'autre la méthode manquante (tu savais, mais tu l'as mal appliqué).
- Commence par la colonne méthode. Elle se corrige plus vite et rapporte des points sur toutes les copies, quel que soit le chapitre.
Le rapport s'utilise au mieux avec un sujet d'annales. Traite le sujet en conditions réelles, corrige-toi, puis relis les pages du rapport qui le commentent. Beaucoup de rapports détaillent les attendus question par question, avec les moyennes obtenues. Pour trouver ces sujets, consulte notre guide des annales et des sujets zéro officiels.
Sur moncrpe.com, chaque cours est rédigé par un enseignant qui siège au jury du concours. Les erreurs relevées dans les rapports sont intégrées aux fiches et aux quiz dès leur rédaction.
Le bon moment pour éplucher les rapports se situe avant de bâtir ton plan de révision, puis une seconde fois trois semaines avant les oraux, quand tu as assez de recul pour te relire. La répartition du travail sur l'année est détaillée dans le rétroplanning CRPE 2027.
La méthode en 4 étapes
Des cours écrits par un membre du jury
Les erreurs relevées dans les rapports de jury sont intégrées aux cours et aux quiz de moncrpe.com, avec un plan de révision qui s'adapte à ton niveau et à ton temps disponible.
Compte gratuit, sans carte bancaire.


