Plus de 140 000 AESH accompagnent aujourd'hui des élèves en situation de handicap dans les classes françaises. Voici comment ce fonctionnement s'articule concrètement avec le rôle de l'enseignant, et pourquoi le système reste sous tension.
Un professeur des écoles qui accueille un élève en situation de handicap dans sa classe travaille rarement seul : dans la majorité des cas, un accompagnant d'élèves en situation de handicap (AESH) intervient à ses côtés. Ce fonctionnement, central dans la politique d'école inclusive depuis vingt ans, reste pourtant mal connu avant d'y être confronté concrètement.
Comprendre comment s'articule ce binôme enseignant-AESH, ses limites actuelles et les évolutions en cours, aide à aborder l'inclusion scolaire avec des repères clairs plutôt qu'une improvisation au premier jour.
L'AESH est un personnel chargé d'une aide humaine, dont la mission est de favoriser l'autonomie de l'élève en situation de handicap, pas de se substituer à lui. Concrètement, ça peut aller de l'aide à l'installation matérielle, à la reformulation de consignes, jusqu'à un accompagnement plus soutenu selon les besoins identifiés dans le plan de l'élève.
Plus de 140 000 AESH exercent aujourd'hui en France, un chiffre en forte hausse depuis 2017 (+70 %), avec un recrutement supplémentaire de 2 000 postes en 2025. Le cadrage officiel de leurs missions est détaillé sur education.gouv.fr.
L'aide humaine se décline en plusieurs formats selon les besoins de l'élève : l'accompagnement individuel, dédié à un seul élève sur des besoins importants ; l'accompagnement mutualisé, où un même AESH intervient auprès de plusieurs élèves selon un temps réparti ; et l'accompagnement collectif, souvent dans le cadre d'un dispositif ULIS, où l'AESH intervient sur un groupe d'élèves partageant des besoins proches.
Cette diversité de formats explique pourquoi la présence d'un AESH dans une classe ne correspond jamais exactement à la même organisation d'une situation à l'autre : le format dépend directement de la notification de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), pas d'un choix de l'école.
L'AESH intervient sous la responsabilité pédagogique de l'enseignant, qui reste le référent des apprentissages de la classe. Cette articulation demande une coordination réelle en amont : préparer avec l'AESH les points de vigilance de la séance, définir clairement les moments où son intervention est souhaitée ou au contraire à éviter pour ne pas freiner l'autonomie visée.
Cette collaboration se construit progressivement, souvent avec des ajustements en début d'année scolaire, le temps que le binôme trouve un fonctionnement fluide adapté à l'élève concerné et au reste de la classe.
Malgré la forte croissance des effectifs d'AESH, le dispositif peine à répondre à l'ensemble des besoins : environ 10 % des enfants notifiés par la MDPH restent chaque année sans solution d'accompagnement effective, faute de personnel disponible en nombre suffisant sur certains territoires. Le statut des AESH lui-même reste régulièrement débattu, notamment autour de propositions visant à les intégrer pleinement à la fonction publique, plutôt que de conserver leur statut contractuel actuel.
Pour l'enseignant, cette tension se traduit concrètement par des situations où l'accompagnement prévu n'est pas toujours pleinement disponible, ce qui demande une capacité d'adaptation supplémentaire au quotidien.
Une stratégie de gouvernance et de professionnalisation de l'école inclusive a été proposée avec des recommandations opérationnelles à partir de la rentrée 2026, notamment la création de postes de conseillers pédagogiques dédiés et d'assistants d'accessibilité, recrutés parmi les AESH les plus expérimentés. L'objectif affiché est de mieux outiller les équipes et de recentrer l'aide humaine sur les besoins les plus ciblés.
Ce sujet ne fait pas partie du concours, mais anticiper cette réalité de terrain, très fréquente dès les premières années d'enseignement, évite d'être pris au dépourvu face à une notification MDPH dans ta classe.
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