Comment l’école peut-elle contribuer à l’égalité entre les filles et les garçons puis entre les femmes et les hommes ?

L’objectif de cet article est d’apporter une réponse à l’une des questions posées lors de l’entretien du CRPE (2ème partie de la deuxième épreuve d’admission), telle qu’elle figure dans les exemples officiels publiés sur le site devenirenseignant.gouv.fr.

ANALYSE DE LA QUESTION ET CONSEILS

Enjeux de la question

Cette question porte sur la capacité de l’école à réduire des inégalités qui se construisent très tôt, souvent de manière invisible. Le jury attend que tu montres que l’égalité filles-garçons se joue autant dans les enseignements que dans les interactions quotidiennes. L’enjeu est éducatif, social et républicain.

Thème

Le thème central est :

L’égalité filles-garçons

Notions clés à mobiliser

Compétences psychosociales (CPS)

Climat scolaire

Stéréotypes de genre

Parcours citoyen

 

Le plan à l’oral

1. Rôle de l’école dans la construction de l’égalité

2. Leviers éducatifs : enseignements, CPS, EVAR, EMC

3. Importance des espaces comme la cour de récréation

4. Posture professionnelle et actions concrètes

Références institutionnelles

Loi pour une école de la confiance (2019) : engagement de l’école en faveur de l’égalité entre les filles et les garçons.

Programme d’EMC : dans le cadre de l’enseignement des valeurs de la République.

S4C : Domaine 3 : la formation de la personne et du citoyen.

Kit empathie – Éduscol (2024)

EVAR : éducation à la vie affective et relationnelle

RÉPONSE TYPE ATTENDUE À L’ORAL DU CRPE

Il s’agit d’un enjeu majeur. En effet, les inégalités entre les filles et les garçons se construisent dès l’enfance. Elles apparaissent souvent de manière progressive et implicite, à travers les interactions scolaires du quotidien.

Dans ce cadre, je m’inscris pleinement dans la mission de l’école. Le Code de l’éducation rappelle que l’école doit faire partager aux élèves les valeurs de la République, et en particulier l’égalité entre les sexes. Cette égalité ne peut pas rester un principe abstrait. Elle doit se traduire concrètement dans les pratiques pédagogiques, mais aussi dans l’organisation de l’école et des parcours des élèves. À ce titre, les programmes d’enseignement moral et civique, ainsi que ceux d’éducation à la vie affective et relationnelle, constituent des appuis institutionnels solides et adaptés à l’âge des élèves.

Pour les élèves, l’enjeu principal est de se construire comme des individus égaux en droits et en dignité. D’une part, l’EMC permet de travailler explicitement sur l’égalité, la lutte contre les discriminations et le respect d’autrui. D’autre part, le programme EVAR favorise une compréhension saine des relations, du respect du corps, du consentement et de l’expression des émotions. Par ailleurs, le développement des compétences psychosociales joue un rôle central. Apprendre à s’affirmer, à écouter, à coopérer et à comprendre le point de vue de l’autre aide les élèves à dépasser progressivement les stéréotypes de genre.

Or, ces stéréotypes se manifestent clairement dans la vie de classe. De nombreuses observations montrent que la prise de parole est souvent plus spontanée et plus fréquente chez les garçons. À l’inverse, certaines filles peuvent s’autocensurer ou manquer de confiance. Dans ce contexte, mon rôle d’enseignant est essentiel. Il consiste à réguler la parole, à encourager une participation équilibrée et à valoriser toutes les interventions, afin de ne pas renforcer des inégalités invisibles mais durables.

Cette vigilance ne concerne pas uniquement la classe. Elle s’étend également aux espaces moins formels, comme la cour de récréation. Dans ces lieux, les inégalités peuvent se traduire par une occupation différenciée de l’espace ou par des jeux majoritairement investis par les garçons. Une régulation éducative de ces espaces permet alors de garantir à chaque élève une place légitime.

Plus largement, pour l’école, contribuer à l’égalité entre les filles et les garçons, c’est agir sur le climat scolaire et prévenir les discriminations.

À titre professionnel, je considère donc que l’école joue un rôle déterminant dans la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes. Cela suppose une action cohérente, collective et inscrite dans le quotidien.

Concrètement, cela peut passer par une régulation consciente de la prise de parole en classe, mais aussi par une réflexion d’équipe sur l’aménagement et la gestion éducative de la cour de récréation.

Ainsi, par des actions quotidiennes et cohérentes, l’école contribue durablement à former des citoyens et des citoyennes égaux.