Le harcèlement à l’école est-il une fatalité ?

L’objectif de cet article est d’apporter une réponse à l’une des questions posées lors de l’entretien du CRPE (2ème partie de la deuxième épreuve d’admission), telle qu’elle figure dans les exemples officiels publiés sur le site devenirenseignant.gouv.fr.

ANALYSE DE LA QUESTION ET CONSEILS

Enjeux de la question

Le jury attend que tu te places en tant que futur professionnel avec des responsabilités qui dépassent les apprentissages des fondamentaux (mathématiques et français). Le harcèlement scolaire est une réalité qui engage les élèves, l’enseignant et l’école dans sa mission de protection et d’éducation.

Thème institutionnel

Le thème central est le climat scolaire. Il structure la réponse car le harcèlement n’est jamais un fait isolé. Le jury cherche à voir si tu comprends que prévenir et traiter le harcèlement relève d’une action collective, inscrite dans le fonctionnement de l’école.

Notions clés à mobiliser

Programme pHARe

Climat scolaire

Compétences psychosociales

Vigilance partagée

Prévention

Responsabilité de l’agent public

Le plan à l’oral

1. Le harcèlement n’est pas une fatalité
Cela a des conséquences graves et l’école a un rôle de protection

2. Comment l’école agit ?

Importance du climat scolaire
Programme pHARe
Prévention et compétences psychosociales
3. Comment se positionner comme enseignant ?
Être vigilant, ne pas minimiser, travailler en équipe

Références institutionnelles

La lutte contre le harcèlement s’inscrit dans les priorités nationales, notamment à travers le programme pHARe, généralisé dans les écoles et établissements, et le renforcement du cadre juridique depuis 2022. La circulaire de rentrée rappelle l’exigence d’un environnement scolaire protecteur, attentif au bien-être et à la sécurité des élèves.

RÉPONSE TYPE ATTENDUE À L’ORAL DU CRPE

La question posée amène à s’interroger sur le caractère inévitable du harcèlement à l’école. 

Aujourd’hui, l’École ne considère plus le harcèlement comme un phénomène banal. Au contraire, elle affirme clairement que l’école doit garantir un cadre sécurisant pour tous les élèves. La généralisation du programme pHARe illustre cette volonté institutionnelle. Elle montre que la prévention, le repérage et le traitement des situations de harcèlement doivent être structurés et portés collectivement, par l’ensemble de la communauté éducative.

Pour les élèves, les enjeux sont particulièrement forts. Le harcèlement peut entraîner une grande souffrance psychologique, mais aussi une perte de confiance en soi. Or, un élève qui ne se sent pas bien à l’école ne peut pas apprendre sereinement. C’est pourquoi la question du climat scolaire est centrale. Un climat apaisé, fondé sur des relations respectueuses, favorise à la fois le bien-être, l’engagement et les apprentissages de tous les élèves.

Pour l’enseignant, l’enjeu principal est celui de la vigilance professionnelle. Il ne s’agit pas de tout gérer seul. En revanche, il est essentiel de repérer les signaux faibles, d’écouter la parole des élèves et de s’inscrire dans une réponse collective. À ce titre, le travail sur les compétences psychosociales constitue un levier important de prévention. Le développement de l’empathie, de l’expression des émotions et de la gestion des conflits aide les élèves à mieux vivre ensemble et à réguler leurs comportements.

À l’échelle de l’institution scolaire, lutter contre le harcèlement, c’est affirmer le rôle de l’école comme service public protecteur. Cela suppose d’articuler plusieurs dimensions : la prévention, l’accompagnement éducatif et, lorsque cela est nécessaire, des mesures de sanction. La réponse pénale existe, mais elle ne peut être pleinement efficace que si elle s’inscrit dans une action éducative plus large et cohérente.

Il convient toutefois d’éviter deux écueils. Le premier est le déni, qui consisterait à banaliser les faits ou à les minimiser. Le second est une réponse uniquement morale, qui se limiterait à rappeler des principes sans mettre en œuvre de véritables actions de prévention et de prise en charge.

Pour ma part, je ne considère pas le harcèlement comme une fatalité. L’école dispose aujourd’hui de leviers pour agir. En tant que futur enseignant, je m’inscrirais donc dans une posture de prévention. Cela passe par la construction d’un climat de classe serein, par un travail explicite sur les règles de vie et les compétences psychosociales. De plus, il est important de participer activement aux dispositifs comme pHARe.

Ainsi, favoriser un climat scolaire serein me semble essentiel pour permettre à chaque élève d’apprendre et de se construire dans un cadre sécurisant et respectueux.